PHOTOS : JOHN WARBURTON-LEE PHOTOGRAPHY/ALAMY (JARRES) ; TED PINK/ALAMY (PALAIS BRONGNIART) ; MICK ROCK/CEPHAS (MIGUEL TORRES).
La mémoire de l’eau
C’est Pierre-Henri Gagey, directeur général de la
firme Louis Jadot, en Bourgogne, qui l’a affirmé voilà
quelques mois, lors d’une rencontre-dégustation
autour de quelques-uns de ses crus, à Montréal:
«Le raisin conserve une mémoire de l’eau, si bien
qu’après un été très arrosé, la vendange ne sera
pas au sommet qualitatif même si l’arrière-saison
[à compter de septembre] a par la suite été magnifique.
Il manquera toujours un petit quelque chose
à la concentration…»
LE MONDIAL DE LA BIÈRE DÉMÉNAGE
Pas tout de suite, mais en 2011, avec une édition qui se
déroulera possiblement au Palais des congrès de Montréal en
mettant à profit l’esplanade extérieure pour y ériger des stands
en plein air. « Le site de la gare Windsor est magnifique et nous
y serons encore en juin 2010 », précise Jeannine Marois, présidente
de ce Mondial de la bière qu’elle a fondé en 1994, avec
deux associés aujourd’hui retirés. « Le problème, cependant,
c’est qu’encore l’été dernier nous avons dû refuser l’entrée à
beaucoup de gens. Le site Windsor, les pompiers nous le rappellent
chaque année, a une capacité d’accueil limitée. »
Par ailleurs, la première édition du « Mondial de la bière de
Strasbourg » vient d’avoir lieu — du 16 au 18 octobre — au cœur
de la région alsacienne. Le communiqué émis par l’organisation
de Jeannine Marois précise : « Le travail de [notre] équipe […]
pour la mise sur pied de ce festival de la bière en France
démontre une fois de plus que
les Québécois se distinguent
sur la scène
internationale par leur
créativité et leur esprit
d’entreprise. » On ne
saurait être plus d’accord !
LE GRATIN EN ESPAGNE
Mille employés,
trois millions de
caisses produites
chaque année,
bientôt 140 ans
d’existence :
Miguel Torres,
68 ans, héritier
de la quatrième
génération, dirige
toujours la
vénérable maison
espagnole qui
porte son nom.
Les 12 et 13 novembre prochain, à Logroño, dans la Rioja, se tiendra pour la première
fois un congrès international baptisé Wine Future-Rioja 2009 et mis sur pied par un
organisme local fondé et administré par Pancho Campo, le premier Master of Wine
(voir Cellier Nº 4, page 83) espagnol. L’événement, qui espère attirer quelque 500 professionnels
de la filière vitivinicole, réunira plusieurs grosses pointures, telles que Oz
Clarke, Robert Parker, Jancis Robinson et Miguel Torres. Le programme, dont on peut
prendre connaissance en détail au www.winefuture.es, est surtout axé sur le marketing
du vin, notamment par le truchement d’Internet.
Faut-il tirer sur la technique?
C’est la question – toujours d’actualité – qu’avait posée en 2007, dans un court texte publié à l’occasion
d’une dégustation, Jean Orliac, du Domaine de l’Hortus. À l’heure où tout ce qui est vert et naturel est perçu
comme étant foncièrement bon et salutaire, la réflexion proposée par ce vigneron languedocien remet certaines
pendules à l’heure.
« Aujourd’hui, le discours dominant sur la “défense du vin” s’accompagne toujours d’un rejet de la technique.
On oppose ainsi le vin “technologique” forcément industriel au vin authentique, forcément
“naturel”. Celui-ci deviendrait un îlot de résistance dans un monde dominé par le monstre proliférant de
la technique […] se nourrissant de la destruction de toutes diversités tant biologiques que culturelles. […]
[Or] pour nous, le vin “naturel” n’existe pas ou, ce qui est équivalent, tous les vins le sont au sens où leur
existence ne relève pas d’un miracle mais du domaine du possible, défini par les lois de la physique, de la
chimie et de la biologie […]. »
Sur un blogue, tout récemment cette fois, ce commentaire émis par une dénommée Émilie, qui réagissait
après avoir pris connaissance elle aussi de cette jolie tirade signée Jean Orliac : « Bravo pour cette
mise au point. D’ailleurs, n’oublions pas que l’évolution “naturelle” du vin, c’est le vinaigre… »
CELLIER HIVER 2009-2010 ■ 11
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