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Horticulture
PAr Mariève desjardins
jardins secrets
Un
p e U pa r to U t s U r la p l a n è t e, d e s c i t o y e n s aU p o U c e v e r t p r e n n e nt d’as s aU t d e s e s pac e s U r b a i n s a b a n d o n n é s p o U r e n fa i r e d e s î lo t s d e ve r d U r e.
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s g Uér i lle ros d e l’h o rti cU ltU r e e m b e llisse nt n o s pay s a g e s, a r m é s d e tr U e lles et d e b o n n e s i n t e n t i o n s.
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c U r s i o n d a n s le m o n d e d U j a r d i n ag e i n t e r lo p e. Le Devonian Harbour Park, à Vancouver, berceau de la guérilla jardinière au Canada. Avec un tel nom, on les imagine arborer des airs de durs à cuire, des bandanas et des t-shirts du che. Pourtant, les guérilleros du jardinage n’ont rien de menaçant. il suffit de rencontrer Johanne Dion, une habituée de la guérilla jardinière, pour s’en convaincre. cette gentille retraitée à la voix de soie estime avoir planté pas moins de 600 arbres sur le terrain de son voisin, devant sa maison à richelieu, de 2000 à 2002. «Je partais très tôt le matin avec des chaudières pleines de pousses de tilleul ou d’érable récoltées dans mes plates- bandes pour les planter au bord de la rivière», raconte-t-elle. un moyen de reboiser cette parcelle de terre malmenée par les propriétaires successifs… et de faire un pied de nez au plus récent et sa mauvaise habitude de couper les arbres. carriere.jobboom.com/magazine avril 2009 vol10n°4 une action tout à fait dans l’esprit de la guérilla jardinière, concept souvent désigné par son appellation anglophone guerrilla gardening, et définie simplement comme «l’action de jardiner sur un terrain public, avec ou sans permission», par David tracey, un journaliste et architecte paysagiste de Vancouver, auteur de Guerrilla Gardening: a Manualfesto. les guérilleros du jardinage se donnent donc pour mission de s’approprier des terrains vagues, abandonnés ou négligés en y plantant des végétaux, histoire de donner aux villes le coup de pouce… vert dont elles ont besoin. Les racines du phénoMène le jardinage clandestin est une pratique centenaire dont les origines sont difficiles à établir. Selon David tracey, elle a fait sa première apparition dans les livres d’histoire il y a plus de 300 ans, alors que le Britannique Gerrard Winstanley, à la tête des Diggers (les «Bêcheurs»), défendait le droit de travailler la terre sans le consentement des propriétaires terriens et sans leur payer de redevances. le groupe cultivait les terres inutilisées des nobles autour de londres pour nourrir les démunis. le manifeste laissé par les Diggers a semé le germe de la résistance chez certains environnementalistes américains qui s’en sont inspirés, dans les années 1960, pour revendiquer un terrain vague près de l’université de Berkeley, en californie.
ce
n’est qu’en 1973 que le mot «guérilla» s’est greffé aux préceptes d’une rébellion horticole. l’artiste new-yorkaise liz christy a alors fondé le groupe Green Guerillas et converti un lot abandonné de Manhattan en un jardin communautaire, dont la vocation demeure inchangée à ce jour. la guérilla jardinière s’est propagée aux quatre coins du monde, mais sa trajectoire anarchique et underground la rend difficile à cerner. certaines factions, craignant les arrestations, agissent dans l’anonymat. le mouvement n’a ni leader ni marche à suivre et ses objectifs varient selon les interventions. Pour ceux qui ne mangent pas à leur faim, la revendication du droit à la terre prend une signification politique. Dans les pays plus riches, elle relève plutôt d’un souci environnementaliste. L’art de La guerre Avec son blogue Le pouvoir aux pousses (www.pousses.blogspot.com), l’artiste montréalaise emily rose Michaud est bien connue dans la communauté locale disséminée des guérilleros du jardinage. une appellation qu’elle n’affectionne pas particulièrement. «Je connais des gens qui pratiquent le guerrilla gardening à Montréal depuis longtemps, mais ce n’est Photo : Steven Van Vaerenbergh, www.flickr.com/photos/steven2358