Les CGA ne sont pas seuls dans cette situation. L’an dernier, le nombre d’offres d’emploi reçues à l’Ordre des comptables en management accrédités a fracassé des records, avec plus de 900 affichages. Un chiffre qui a doublé en quatre ans. «Selon notre dernière enquête salariale, le taux d’emploi des CMA oscille autour de 98 %», souligne Jean-François Lasnier, vice-président principal opérations de l’Ordre des CMA du Québec. Le ciel est tout aussi bleu lorsqu’on possède le titre de comptable agréé (CA), selon Diane Messier, vice-présidente Formation professionnelle et relève à l’Ordre des comptables agréés du Québec. Elle estime que c’est presque le plein emploi pour les CA.
LES NOUVELLES NORMES CHANGENT LA DONNE
Dans un contexte où la sécurité financière prime, la mise en place de normes internationales d’information financière (les IFRS) jouera également en faveur des comptables. Dès 2011, la présentation des états financiers pour les sociétés publiques, c’est-à-dire cotées en Bourse, et pour certaines entreprises canadiennes ayant une obligation publique de rendre des comptes, changera complètement de visage avec les normes élaborées par l’International Accounting Standards Board et adoptées par le Conseil des normes comptables du Canada. Il sera ainsi plus facile de comparer les états financiers à l’échelle internationale. En appliquant les IFRS, le Canada emboîte le pas à plusieurs autres pays, notamment ceux de l’Union européenne.
De plus en plus, les comptables jouent le rôle de conseillers auprès des entreprises. Il ne suffit donc pas de jongler avec les chiffres, il faut aussi savoir les faire parler.
Même si l’application des IFRS n’est prévue que pour 2011, les organisations devront commencer à recueillir des données conformes aux nouvelles normes dès 2010, voire 2009 dans certains cas. «Autant dire demain matin!» indique Diane Messier. Et les comptables agréés seront aux premières loges dans ce dossier. «Les CA vont être les leaders pour aider les entreprises à faire la transition vers ces normes. Pour ce qui est des emplois, cela risque d’avoir un impact positif.» En effet, pour l’instant, la comptabilité publique dans certaines catégories d’entreprises est la chasse gardée des comptables agréés. Mais la donne va changer avec l’adoption de la Loi modifiant le Code des professions et la Loi sur les comptables agréés concernant la comptabilité publique, puisque les CGA et les CMA pourront élargir leur champ de pratique à des secteurs autrefois réservés aux CA (voir notre article Nouvel ordre, en page 16). De nouvelles perspectives d’emploi s’ouvriront donc pour eux dès que la nouvelle réglementation sera en vigueur, au plus tard le 15 décembre 2008.
FAIRE PARLER LES CHIFFRES
De plus en plus, les comptables jouent le rôle de conseillers auprès des entreprises. Il ne suffit donc pas de jongler avec les chiffres, il faut aussi savoir les faire parler. «Aujourd’hui, on est loin de l’image traditionnelle du comptable», lance Jean-Philippe Gauthier, CA, directeur du recrutement pour Robert Half Finance et Comptabilité, division des postes permanents. Les comptables ont un rôle stratégique dans la prise de décisions. Ils interviennent davantage dans l’élaboration de stratégies financières, l’analyse des indicateurs de rendement et de l’information financière, ou même dans les réorganisations d’entreprises. «On ne cherche pas seulement des comptables capables d’aligner les chiffres. On veut aussi qu’ils soient en mesure d’en discuter avec les employés, la direction ou les fournisseurs», renchérit Charles Coutu, directeur des ressources humaines chez Cascades. D’ailleurs, selon une étude menée par Robert Half Management Ressources en 2007, près des deux tiers des entreprises préféreraient embaucher un candidat ayant moins de compétences techniques s’il possède en revanche certaines habiletés, notamment en relations interpersonnelles et en communication. Par ailleurs, dans un contexte de mondialisation, la maîtrise du français, de l’anglais et même de l’espagnol est souvent exigée. «Même à Montréal, il y a encore beaucoup de lacunes
IMPACT DE LA RÉCESSION AMÉRICAINE
Les soubresauts de l’économie américaine pourraient-ils avoir un impact sur le marché canadien de la comptabilité? Il n’y a rien d’alarmant pour l’instant, estime Jean-Philippe Gauthier, CA, directeur du recrutement pour Robert Half Finance et Comptabilité, division des postes permanents. «Le déséquilibre entre l’offre et la demande est tellement important pour les comptables qu’il faudrait que les États-Unis traversent une grosse récession pour que cela change la donne.» Les carrières de la comptabilité 9 »